vendredi 3 décembre 2010

Transparence et condition humaine

« Il y a un intérêt public à savoir comment fonctionne le monde et ce qu’on y fait en notre nom. Il y a aussi un intérêt public à ce que la politique étrangère soit menée de façon confidentielle. Et ces deux intérêts sont contradictoires. »

Ces propos, tenus dans Le Monde du 2 décembre 2010 par Timothy Garton Ash, professeur d’histoire à Oxford, à propos des relations entre Etats et des documents secrets révélés par WikiLeaks, peuvent être transposés avec pertinence pour caractériser la relation humaine en général : « il est utile et important de savoir ce que l’autre pense et ressent vraiment. Il est aussi utile et important de ne surtout pas tout savoir. »

Jusqu’où en effet aller dans la quête de transparence, sachant que non seulement aucune diplomatie, mais qu’aucune vie professionnelle, sociale ou de couple ne serait possible dans la transparence absolue?

S’imaginer que la transparence absolue des relations entre Etats, comme celle entre les individus, puisse être bénéfique à l’humanité présupposerait que des sentiments comme le désir, la jalousie, l’agressivité, la haine, le mépris, la peur… aient disparu de la psyché humaine. Si la télépathie totale existait, toute relation humaine serait au mieux profondément pénible, et très probablement inenvisageable.

« L’exigence de transparence à tout prix est un délire de pureté; et comme tout désir de pureté il est un désir d’ayatollah. » (J Cosquer, http://www.jiceo.fr/)

Entre la violence du tout-dire et la trahison de la dissimulation: le juste mensonge par omission, également appelé le tact.

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